Retour sur le festival Panoramas

« On a tous 20 ans… » telle est la punchline du festival Panoramas à Morlaix. Cette année encore, la programmation est à la hauteur de l’anniversaire ! Naïve New Beaters, Izia, Sônge, Comah, Thylacine (notre interview dans l’article sur Mythos ici), Møme, Salut C’est Cool, Vitalic, Blow, Etienne de Crecy…
Panoramas – Pano pour les intimes – est réputé pour ouvrir la saison des festivals d’été, ce qui en fait un rendez-vous immanquable pour les aficionados du genre.

Pour l’occasion nous avons étendu notre rayon d’action jusqu’à Morlaix pour le week-end afin de nous mêler au public électrique du festival et de nous frotter à son ambiance que certains vont jusqu’à comparer à celle des Vieilles Charrues.

Nous en avons profité pour rencontrer des artistes en qui nous croyons et dont nous avions hâte de vous parler.

© Alexia Ortega
© Alexia Ortega

Rencontre avec Møme

© Alexia Ortega

Vous n’avez pas pu passer à côté cet été, Møme vous a forcément fait danser au moins une fois sur son tube aux accents tropicaux « Aloha« . Si ce n’est pas le cas, en bon Rennais vous avez eu le droit à une séance de rattrapage aux Transmusicales cet hiver.
Le jeune niçois revenait en Bretagne ce week end à l’occasion du festival Panoramas (qui a l’amusante particularité de porter le même nom que son album).

Ton premier album a été créé en grande partie en Australie, pourquoi ce choix ?

À la base je faisais du rock, j’étais musicien dans plusieurs groupes. Je commençais à produire de la musique dans ma chambre et j’écoutais pas mal de musique du label Future Classic. Et puis, j’avais aussi un petit rêve personnel de partir en Australie pour parcourir le pays, faire du surf, même travailler là bas… Comme beaucoup de français et même de gens partout dans le monde, c’est un peu l’«Australian dream». Du coup ça a été une bonne occasion de mélanger les deux et de partir sur les routes pour faire de la musique.

Un souvenir marquant pendant le voyage?

Je suis parti en Australie pour rencontrer des locaux donc pas mal de gens que j’ai rencontrés là bas. J’ai des souvenirs surtout de musique au bord des plages, avec des gens que je ne connaissais pas forcément, pas mal d’étrangers, des brésiliens… Il aurait très bien pu ne pas y avoir de musique en fait, j’ai eu pas mal de souvenirs ultra personnels et la musique ça a été juste une finalité. Pour moi c’était une façon de partager mon expérience.

© Alexia Ortega

Est-ce que tes prochains projets pourraient être influencés par d’autres destinations?

Oui ! De toute façon pour ma part, je ne vois pas d’autres manières de composer. Mon inspiration vient toujours dans le voyage, les rencontres, la perte de repères, l’authenticité qu’on retrouve dans certains pays… J’ai jamais conçu la musique autrement en fait. Depuis le début, pour moi il y a une cohérence entre le voyage et la musique, sans que ce soit pour autant des vacances, l’intérêt c’est d’avoir quelque chose de nouveau.

Tu as commencé par une formation de piano classique. Comment en es-tu arrivé à l’ électro?

En fait c’est venu naturellement. J’ai commencé par le piano classique quand j’étais jeune. Après j’ai arrêté, j’ai appris la guitare en autodidacte, et ensuite ce qui m’a intéressé c’était de ne pas seulement performer dans un instrument mais de construire un univers. J’avais l’envie de montrer ce qu’il y avait dans ma tête, mon imagination musicale. Les synthés et la musique électronique sont venus naturellement. Pouvoir enregistrer chez soi et faire ses tracks aujourd’hui c’est devenu de plus en plus facile donc c’est ce que j’ai fait. J’enregistrais plein de sons autours de moi et j’ai créé ma musique comme ça.

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Tu es avant tout musicien/producteur, est-ce que tu projettes plutôt de composer pour les autres ou de te consacrer pleinement à ton projet solo ?

Honnêtement je fais les deux. Aujourd’hui ça dépend du fait de vouloir mettre quelqu’un en avant à mes dépends ou non. Mon but c’est d’être un producteur, de continuer à faire de la musique. Mes compositions ne sont pas seulement au service de moi-même et de mon projet. J’ai envie de faire des collaborations, ce que je fait déjà. On retrouve dans mon album sept ou huit collab’. L’idée est de mélanger les genres, les états d’esprit avec des musiques différentes. Møme sera en avant et donc ce sera une musique électronique. Mais je peux très bien produire aussi d’autres styles de musiques, ça me plaît, c’est un ensemble ! Je ne suis pas seulement un pro musique électronique.

Tu es à ce jour le seul artiste à t’être produit en haut de la tour Eiffel, d’abord qu’est-ce que ça fait ?

C’est juste trop cool !

Est-ce qu’il y a d’autres endroits un peu hors du commun où tu aimerais jouer ?

Oui en fait au départ quand je suis parti en Australie j’avais fait une session d’une heure sur mon van, face à l’opéra de Sydney avec l’Harbour Bridge sur le côté. La deuxième fois ça a été sur la tour Eiffel ! J’ai une idée pour l’année prochaine, c’est un petit scoop (rires) mais je ne dis rien de plus. Ce sera pour l’été prochain !

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On a eu un coup de cœur pour le titre « Hold On », est-ce que tu aurais une anecdote sur celui-ci ?

Le chanteur de « Hold On » s’appelle Dylan Wright,  je suis parti en Australie en connaissant son producteur Andrew qui composait avec lui. Ce qui est marrant c’est que je voulais faire une musique avec Andrew et Dylan qui ont un projet ensemble qui s’appelle La Mar. J’adore leur projet mais il n’est pas encore vraiment professionnel, c’est plus un duo amateur mais ils font de la très bonne musique. Puis, j’ai rencontré Dylan par hasard sur un festival ! C’était complètement dingue parce que ça n’était pas du tout prévu. On s’est dit qu’il fallait qu’on fasse une track ensemble… il en est sorti « Hold On » !

Comme quoi les rencontres hasardeuses amènent à de belles choses !
Aujourd’hui t’es à Panoramas en Bretagne… On se demande si tu es plutôt galette-saucisse ou crêpe caramel beurre salé ?

Crêpe caramel beurre salé je pense !

Et pour finir un petit mot pour le public rennais qui t’a découvert aux Transmusicales et que tu retrouves bientôt à l’Ubu pour la tournée Ricard SA live music ?

Ça va être la fête ! Pour l’instant, j’ai vu seulement les Transmusicales à 4h du matin donc là on va voir l’ambiance du public breton.

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En tout cas, nous, on a été conquis par l’ambiance de ce concert ! Parfait pour accompagner le beau temps qui s’installe et nos envies de cocktails au soleil. On a hâte de voir ce que ce jeune talent nous réserve pour la suite et on ne doute pas une seconde de la réussite de ses futurs projets.


Rencontre avec Blow

De gauche à droite: Jean-Etienne (guitare), Thomas (basse et clavier), Quentin (chant) et Pierre-Elie (batterie) w/ © Alexia Ortega

Blow c’est un groupe de quatre amis, qui sous des airs décontractés, fait la part belle à une electro-pop planante en soufflant un vent de légèreté sur la scène française. On les avait découverts dans un bar à Paris, il y a de ça deux ans et demi alors qu’ils n’étaient que trois, et qu’ils s’appelaient encore 7ik.
Depuis on n’a de cesse de croire en ce projet, la critique les encense et leur musique touche petit à petit un public de plus en plus large ! Les Rennais ont notamment pu les découvrir à l’Ubu pour la clôture des Transmusicales. Ils faisaient cette fois-ci celle du festival Panoramas et on en a profité pour les rencontrer sous un beau soleil breton.

Le projet « Blow » a beaucoup évolué depuis sa formation (membres, musique, nom), qu’est-ce que chaque changement a apporté?

Thomas : C’est grâce à P-E en grande partie… On a plus de punch sur scène en ayant un batteur donc c’est cool. On a trouvé notre voie en termes de direction artistique, on sait où on veut aller. On a trouvé la formule qui nous convenait et on avance là dessus.

Quentin : Pour la faire un peu plus en détails, on faisait du rock à la base. Surtout avec Thomas et Jean. Pour passer du rock à Blow, il fallait passer par la phase électronique. « 7ik » c’était très électro, plus sombre aussi, il a donc fallu tester plein de choses.  Ça a pris un certain temps pour que l’on se rende compte de ce qui fonctionnait le mieux, ce qui nous correspondait le mieux. Du coup on a gardé les arrangements électroniques sur fond de musique assez pop-rock.

Jean: Il a fallu avoir cette transition 7ik-Blow. Étant donné qu’au fur et à mesure on a réellement compris ce qui nous parlait le plus, on s’est dit qu’il fallait reprendre à zéro.

© Alexia Ortega

Vous venez tous de projets assez différents, comment en êtes-vous venus à faire de l’ électro?

Jean : Thomas et Quentin en écoutaient beaucoup à la fin de leur groupe qui s’appelait « Scarlet Queens ».

Quentin : On avait pas mal de potes qui en écoutaient, mais on ne s’était jamais vraiment penchés dessus. C’était à l’époque où ça commençait à exploser vraiment avec Justice et toute la bande d’Ed Banger. Donc à force on s’y est intéressés alors qu’on ne connaissait pas très bien, c’était bête de passer à côté.
Pour moi aujourd’hui on est en 2017 tu vois, je ne dis pas qu’il ne faut pas faire de rock… Mais nous concernant c’était naturel d’intégrer l’électronique dans notre musique.

Est-ce que ça a changé votre façon d’aborder la musique?

Quentin : You’re damn right my friend, you’re damn right !

P-E : Je pense que oui ! Pour chaque instrument il y a un changement. En tout cas de manière personnelle en tant que batteur, pour jouer sur de l’électronique t’es obligé d’adapter complètement ton kit.

Quentin : C’est sûr qu’il y a des codes que t’intègres naturellement. Après dans la composition aussi ça change la manière de voir les choses complètement oui ! Ça on peut en parler, surtout Jean qui a dû vraiment apprendre à s’y adapter.

Après la manière d’apprécier la musique, non ça a pas changé.

Vous êtes passés à Rennes au mois de décembre pour les Transmusicales, on suppose que c’était une date importante, comment avez-vous vécu la soirée?

Quentin : On était quand même assez stressés parce qu’on sait que c’est un festival qui est différent de Panoramas. Tous les festivals ont leurs spécificités mais aux Transmusicales, on t’attend quand même au tournant.

P-E : C’est un public assez difficile à conquérir aussi.

Quentin : C’est un festival dédié aux pros et aux groupes émergents donc on était ravis d’être programmés. Après il y avait quand même du stress, on avait le set dans les pattes mais pas depuis très longtemps. Depuis on a commencé à roder certaines choses, on est plus à l’aise. Donc il y avait à la fois le set qui était encore frais et le stress parce qu’on savait qu’il ne fallait pas se louper. Pour nous on a fait un bon show, on a passé un bon moment, après on sait que c’était pas notre meilleur concert.

© Alexia Ortega

On parle de vous dans la presse comme d’un groupe montant de l’electro-pop française. Deezer vous a placés parmi les artistes à suivre en 2017, tout cet encensement ça vous motive ou ça vous met la pression?

Thomas : Ça motive ! Ça motive de ouf !

Jean : Ça motive oui !

Thomas : Ah oui oui ! Nous on a faim de pouvoir jouer le plus possible et si ça plaît aux gens on est encore plus contents. Ça va pas nous couper les ailes !

Jean : Au contraire ça justifie encore plus ce pour quoi on fait ça.

Thomas : Par exemple si on devait faire la première partie de Moderat on se dirait pas «Olala ça va être dur…» mais «Waw c’est trop cool!»

Quentin : On est hyper motivés de toute façon parce que c’est notre passion ! On a vraiment envie de faire ça de notre vie. En plus en ajoutant Thibault notre ingé son, on est tous des amis de très longue date, c’est toujours plus motivant de faire un projet entre amis.  Après les playlists Deezer, Spotify, on va dire que ça nous oblige à assurer derrière.

Le fait d’être un groupe d’amis d’enfance ou presque, est-ce que ça rend le travail ensemble plus facile ou au contraire ça pose parfois problème ?

Quentin : Ça ne pose pas de problème. Mais on peut comprendre que ça ne soit pas toujours facile de bosser avec ses potes, on en a fait l’expérience sur d’autres projets par le passé.

P-E : Dans cette formation là, en tout cas il n’y a aucun problème, c’est hyper sain.

Quentin : Il n’y a pas d’ego. On se connaît depuis longtemps, on sait comment agir les uns avec les autres et on ne se vexe pas, y a aucun souci.

© Alexia Ortega

On aime particulièrement votre morceau « You killed me on the moon », est-ce que vous pouvez nous en dire un plus sur la naissance de ce titre?

Quentin : C’est Jean qui avait commencé et qui a trouvé l’idée de base : le riff de guitare qui est à la fin.

Jean : C’est ça, c’est parti d’un riff. Juste un air sur un tempo complètement différent, beaucoup plus lent et au fur et à mesure on a essayé de trifouiller. Quentin a commencé à placer des idées, des voix sur les couplets. On a d’abord construit la maquette tous les deux et après on a vu ça tous ensemble.

Quentin : Au fur et à mesure on a accéléré le tempo. Pour ce qui est du thème de la chanson, c’est un amour à trois. Une histoire qui se finit un peu tragiquement dans un monde qui n’existe pas, un peu bizarre à la Blade Runner, ça m’est venu naturellement. «Kill me on the moon» je trouvais que ça sonnait bien et ça s’est fait comme ça.

Quel est d’après vous le meilleur contexte pour écouter votre musique?

Quentin : Ce qui est bien, sans vouloir être prétentieux, mais on le ressent comme ça et on nous l’a déjà dit, c’est qu’elle peut s’écouter le matin au réveil comme en soirée pour danser un peu. Donc, je pense que ça dépend vraiment des moments et des personnes. Pour moi, il n’y a pas vraiment de moment pour l’écouter. En voiture peut-être, ou alors en début de soirée pour commencer à se chauffer un peu.

Jean : Il n’existe pas de moment où on ne peut pas ne pas l’écouter en fait.

Justement pour nous votre musique est assez universelle à tous les niveaux, à la fois sombre et lumineuse… C’est une volonté de ne pas coller à un lieu, une époque ou une émotion précise ?

Quentin : Je pense que c’est le mélange de toutes nos idées qui fait ça, je sais qu’en général mes textes ne sont pas forcément très joyeux. Il y a un côté un peu sombre mais j’ai toujours écrit de cette manière là, très imagée aussi c’est une musique assez contemplative. Après il y a le côté frais que Jean peut amener, un mélange sombre et lumineux.

Restons du coté sombre avec ce choix crucial que l’on vous propose : Vous êtes plutôt galette saucisse ou crêpe caramel beurre salé?

Thomas : Galette saucisse !

Les autres : Crêpe caramel beurre salé.

Thomas : Aaah faites les petits gars qui se la racontent…

Quentin : Non mais c’est juste que là tu as trop faim.

Thomas : Non mais toujours galette saucisse ! C’est trop facile à composer ! Tu enroules ta saucisse et tac !

Quentin : C’est vrai que c’est bon…

P-E : Non mais le caramel au beurre salé mon gars !

Quentin : Moi j’aime trop le caramel.

Thomas : Ouais bon je vous l’accorde…

Oui vous n’êtes pas obligés d’être d’accord, chacun a le droit à sa réponse.

Cidre ou chouchen?

P-E : Chou quoi?? Je ne sais même pas ce que c’est !

Thibault (l’ingé son arrivé entre temps) : Si tu ne connais pas, réponds le cidre ! (rires)

Jean : Je crois qu’on est tous pour le cidre.

Quentin : Chouchen moi ! Le cidre c’est hyper bon mais ça tue le bide quoi, quand t’en bois trop… Mais c’est très bon.

P-E : Le cidre c’est comme des topinambours.

Et pour finir, un petit mot pour les Rennais qui vont vous lire?

Thomas : J’espère que vous vous amusez bien à Mythos parce que vous devez tous faire des after Mythos en ce moment, je pense donc ça doit être bien cool !

Bon entre temps Mythos c’est fini (vous pouvez retrouver notre article ici) mais on te pardonne Thomas.

Quentin : Et puis merci aussi ! On commence à avoir pas mal de gens de notre entourage qui viennent de Rennes, et puis les Transmusicales tout ça… merci Rennes !

© Alexia Ortega

Encore merci à Blow pour ce chouette moment, on a bien rigolé et on reviendra les voir avec plaisir ! En attendant une prochaine date dans la région on vous invite très fortement à aller écouter leur second EP Fall in Deep, vous ne serez pas déçus.

 

Propos recueillis par notre reporter-photographe Alexia  !

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