Focus sur Emilie Curry ! De Curry Wurst à Epopée, c’est elle qui tient les rennes !

miroirImpossible de ne pas avoir entendu parler d’Emilie Curry si vous êtes à l’ affût des nouvelles pépites musicales de notre chère ville de Rennes… Sinon, pas d’inquiétude, séance de rattrapage ! La petite brunette à frange, rennaise de cœur et d’adoption, a su se faire connaître et reconnaître en participant à de nombreux projets autour de la musique électronique, sous toutes ses coutures. Depuis ses premiers pas d’étudiante en Art du spectacle, passant par les Formations d’Issoudun, flirtant avec la scène grâce à son groupe Curry Wurst, Emilie a pu explorer tous les aspects de la production musicale. Un riche parcours qu’elle nous raconte en répondant à nos petites questions…

Comment en es-tu venue à te spécialiser dans le domaine de la musique?

Quand j’étais étudiante, j’ai commencé à m’investir en tant que bénévole dans des festivals de cinéma (Travelling, le festival européen du film court de Brest) et puis, j’étais passionnée de musiques électroniques, je n’ai pas tardé à vouloir voir de plus près, tout ce qui touchait à l’organisation d’événements, de soirées.

En tant que brestoise d’origine, les premiers chez qui je suis allée frapper, c’était les Sonics, les organisateurs d’Astropolis, Matthieu et Gildas, j’avais 22 ans. J’ai fait un stage chez eux, ça m’a mis le pied à l’étrier. Leur bureau était situé Place Guérin, juste à côté de leur ancien magasin de vinyles et de fringues «Sonic Floor», là où ils organisent le Mix’n’Boules maintenant, pendant Astro. C’était le début des soirées SONIC au Vauban, avec le Sonic Crew qui assurait déjà les Warm Up, début des années 2000. Une sacré époque, le Vauban c’était mon QG. C’était juste après  qu’Astro se soit bagarré pour investir Keroual. D’ailleurs, il y a une chouette interview de Gildas et de Manu Le Malin qui résume l’historique du festival dans le docu réalisé, cet hiver, par Rennes TV.

Clairement c’est là que j’ai commencé à développer ma culture des musiques électroniques. En com’, j’ai appris sur le tas, un peu à l’arrache parfois, je ne comprenais pas toujours leur manière de travailler. Ça me fait bien rigoler maintenant et j’y repense toujours avec le sourire. Et puis, j’ai poursuivi en tant que stagiaire com’ à Barcelone, Passeig de Gràcia, chez Yann Dub, un brestois encore <3 ! Il était à l’origine du festival Astropolis et il avait ouvert un studio mastering / gravures de vinyles là-bas, Reverse.

Yann était très affable, très cultivé comme mec et j’ai beaucoup appris à son contact. En tant que tuteur, il me laissait pas mal de liberté et j’ai découvert Barcelone, j’ai fait la fête évidemment et participé aux manifs «No a la guerra». C’était dans le contexte de la guerre en Irak dans laquelle les espagnols étaient engagés… Ça m’a marqué. J’ai appris à me construire une carapace aussi, parce-qu’il avait son caractère le Yann Dub! Fallait se le coltiner parfois.

Peux-tu nous parler des groupes qui sont passés, ou font toujours partie d’Epopée ?

Dès le début d’Epopée, c’était en mai 2012, j’ai été contactée par les Superets. Ça faisait un moment que le groupe existait, c’est au moment de notre rencontre que tout s’est accéléré pour eux, en 2013.

Piranha est arrivé en juillet  2012, ainsi que Black Regent et Astrodynamics en janvier 2013. J’ai aussi bossé pour Vielspaß (label de la galerie DMA).

Depuis les Trans, je travaille pour DEAD. Ça a super bien marché au niveau des retombées médiatiques et on continue à bosser ensemble pour le développement. Ils ont sorti le 2nd EP « Verse » en avril. En écoute intégrale le 21 avril sur leur bandcamp !

Pour terminer, aujourd’hui, quand j’observe le parcours des Superets, par exemple, qui ont signé chez un tourneur et un label dans la foulée, je peux dire que je suis satisfaite de cette collaboration, du travail accompli. Il faut dire aussi que ce sont des chevaliers communicants, sorte d’armada des réseaux sociaux.

Comment se passe une de tes journées, à la tête d’ Epopée ? Tu es une vraie manageuse, j’imagine qu’elles ne se ressemblent pas, que c’est mouvementé !

Par exemple, pour une date de concert ou une sortie d’EP dont j’assure la promo : le matin, je commence par envoyer les communiqués de presse aux médias pour proposer de réaliser des interviews, de rédiger des chroniques, de diffuser des tracks, puis, je gère les relances, par mail, par tél, je notifie tous les retours dans un tableau pour faire des reports hebdo aux groupes. Je fais de la MÀJ de bases de données, des communiqués, des bios, des dossiers de presse. Avec les groupes, on fait la promo via les réseaux sociaux, bien sûr.

Tout est très planifié, c’est pas un secret, c’est un métier d’orga qui demande de la méthodologie. Ensuite, ça m’arrive d’accompagner les groupes quand ils jouent à l’extérieur. Sur place, je gère les médias locaux, j’invite des pros. Je vais aussi à la rencontre des pros au Printemps de Bourges, au MaMA, aux Trans évidemment!

Sinon, comme toute attachée de presse, je fais de la veille de ce qui sort dans la presse, sur les blogs, j’archive, je réalise les dossiers de presse. Ça m’arrive aussi de collaborer avec des graphistes pour assurer la mise en page de certains supports, pour que ce soit joli. Et ça, c’est le boulot du graphiste. J’accorde de l’importance à ça, je suis sensible à l’image, au visuel. Pour certains, ça peut sembler être un détail mais pas pour moi. Petite pub pour les graphistes, hop, allez visiter les sites de Maxime Roy et de Matthieu Debert aka Dub!

On voit que tu es hyper riche en expériences,  mais au niveau com’ dans le milieu professionnel qu’as-tu fait avant de monter Epopée ?

Alors, premières expériences en com’ pour Astro et Reverse (le studio à BCN dont je parle plus haut), j’ai été assistante de com’ pour une boîte de diffusion de supports de com’ qui checkait des campagnes d’affichage, du street-marketing dans le secteur du spectacle vivant mais aussi pour des marques de grande distribution. J’ai travaillé pour Electroni[k], devenu le festival MAINTENANT, sur plusieurs éditions, en com’, diff’, orga de soirées, coordination d’équipes. À vrai dire, c’est une période déterminante dans mon parcours. J’appelle ça L’Electroni[k]academy, dont Gaétan Naël est le chef de file, j’y ai appris énormément. Il y a aussi le « Vaisseau Mère », les Trans, en 2007, à l’accueil de l’ATM. Les Trans qui ont une place à part entière dans ma vie. Je n’ai raté aucune édition depuis 1999.

Hop, ensuite, j’ai fait un peu de prog de soirées pour Radio Campus Rennes avec Benjamin Le Baron et Benjamin Dierstein, j’ai été assistante de prod’ dans une boîte de booking, attachée de presse à Paris, dans une boîte qui gère les entrées dans les playlists de radios, on collaborait principalement avec des majors (Sony/Universal), j’ai été chargée de com’ et administration pour Danse à tous les étages, à Rennes.

Et attention, j’ai aussi été chanteuse et composé pour le duo Curry Wurst (photos ci-dessous), du nom d’un en-cas vendu dans les rues de Berlin, à base de saucisse ou de knacki géante, de ketchup et de curry. C’était entre 2004 et 2007. D’où mon pseudo, je m’appelle Tanneau en vrai. Un nom bigouden qui signifie feu, ardeur au combat, en breton ! Curry Wurst, c’était avec Tristan Wurst, qui continue à faire de la prod’. Dans le style électro clash, Gigolo records, EBM, new wave, on composait des morceaux sur Cubase et Yamaha RS7000, on était fan de Miss Kittin & The Hacker. C’est grâce à Guillaume des Disques Anonymes (LDA) et quelques potes de Morlaix qu’on a fait notre 1er concert. On n’avait pas franchement prévu de fonder un groupe. Entre autres, on a joué au 1929, c’était une cata technique d’ailleurs, mais je m’en fous, on y aura joué ! C’était il y a 1000 ans, l’apogée de myspace, autant dire la préhistoire.

Je crois que j’ai résumé là, j’ai l’impression d’avoir 150 ans, merci!

Un CV fort musclé ! As-tu beaucoup d’activités en plus d’ Epopée, à l’heure actuelle ?

Oui,  je suis l’animatrice de Télex, on a fêté les 5 ans l’année dernière. Ça demande de la disponibilité. À la base, l’émission s’appelait Nerds Can Dance, du nom des soirées organisées par Electroni[k] à L’Ubu, c’était le nom d’un blog aussi. Je diffuse principalement de la musique électro mais ça m’arrive de passer du rock, de la pop, c’est assez varié en fait. Je reçois des djs/producteurs, organisateurs de soirées, des groupes ; parfois les djs ou producteurs viennent mixer, jouer en live au studio. Je fais des capta sur des concerts, je réalise des itws d’artistes à Rennes ou dans d’autres villes, sur des festivals. Depuis quelques années, je mets en place des plateaux-radios live à Panoramas ou Astropolis, festivals chers à mon cœur.

Sur les 6 années de Télex, il y a eu pas mal de monde à co-animer avec moi, notamment, Marinette, grâce à qui j’ai débarqué dans Télex, aujourd’hui elle vit à Paris, elle mixe et bosse en com’ dans la musique, Mr Le Comte, le clavier dans Juveniles, Vincent Barbaud aka La Denrée, dj dans le collectif Digital Shaperz, qui chronique pour Midi Deux et Starwax Magazine, Luke Von Westen, programmateur des Crab Cake. On a aussi fait une spéciale Noël avec Noémie de TrackNArre Canal B. Cette année, la team est composée de Maxime Roy, il fait partie de l’équipe depuis plusieurs années et Vincent Le Hen aka Pif qui vient chroniquer de temps en temps ; c’est aussi l’animateur de «Tempo Tabou» sur RCR, chic émission musicale, intimiste. La radio, c’est très stimulant et je fais beaucoup de rencontres par ce biais. –>  Podcasts Télex

 

Quelles sont tes projets, évolutions possibles pour toi et Epopée ?

 Le développement de mon activité bien sûr, la multiplication des collaborations avec de nouveaux groupes (par forcément rennais), mais aussi avec des labels, des orgas d’événements, des gros contrats bien juteux. Ça fait partie de la prospection, c’est la prochaine étape. Organiser des soirées/concerts et soutenir les projets des amis, comme Le Hasard Ludique, c’est l’ancienne gare de St-Ouen, en pleine réhabilitation, qui se transformera en sorte de Lieu Unique et qui ouvrira ses portes en 2015 à Paris. Il y a aussi le festival Visions, organisé par le label Les Disques Anonymes (LDA) qui fait un travail remarquable, défriche des super groupes. La 1ère édition de Visions près de Morlaix, l’été dernier, a cartonné et les perspectives de la 2nde sont très prometteuses.

Sinon j’organise aussi des soirée avec Epopée. La 1ère,  Les Parties Épiques, chapitre #1 (visuel Maxime Roy) a eu lieu le 28 mai au B4 avec Merci Beaucoup (live), LG Rivales (dj set) et Marin Perot (dj set).

Rennes est ma ville d’adoption et j’y suis très attachée. Il y a eu des coupures mais grosso modo, cela fait une dizaine d’années que j’y vis. J’ai hâte de voir certains changements s’opérer en rapport avec la Culture. La politique de la Ville est bien trop frileuse à mon goût et je pense avoir envie d’y apporter des idées et un peu plus d’audace. Il y a une vraie demande, une volonté farouche de la part de certains de faire avancer, progresser les projets, cela se traduit par la diversité des propositions culturelles, la multiplication des événements mais avec un caractère un peu trop underground parfois, excitant certes, mais ce serait bien aussi de se dire que Rennes est fière de s’investir officiellement dans un style d’événements justement plus audacieux, enfin qui ont de la gueule. Sans vouloir comparer, de toute façon, ce serait bien inutile, je pense à notre consoeur « concurrente » Nantes qui pousse à l’émulation. Rennes et moi, c’est un peu comme un vieux couple, il faut maintenir la flamme.

Et comme Emilie fait les choses bien, elle vous a concocté une playlist de tracks qui ont jalonné son parcours pour se quitter… Merci Curry Curry !

533352_10150971929097436_1427370458_nEtienne Daho – Soleil De Minuit (Sombre Romance mix)
Röyksopp – What else is there? (Trentemoller remix)
Miossec – Recouvrance
Yuksek – Break ya
Télex – Moskow Discow
Fortune – Shadow (Tepr Remix)
Yelle – Le Grand saut
SBTRKT – Wildfire
Who Made Who – The divorce
Tim Paris Feat. Georg Levin – Golden Ratio
Gino Soccio – Remember
Tensnake Feat. Nile Rodgers & Fiora – Love Sublime (Duke Dumont remix)
Frank Wiedemann & Ry Cuming – Howling
Siriusmo – Femuscle
Sébastien Tellier – Cochon Ville
Phil Collins – I’m not moving (idjut edit)
Les Rythmes Digitales – Sometimes 
Beck – Tropicalia 
Radiohead – Subterranean Homesick Alien 
Principles Of Geometry – A Mountain For President 
Zoot Woman – It’s automatic 
Blondes – Elise 
Laurent Garnier Feat. LBS crew – Jacques in the box
Ellen Allien – Magma (The MFA remix)
Poolside – Kiss me forever
Theo Parrish – Falling up (Crag Craig remix)
Linstrom & Todd Terje – Lanzarote (Diskjokke remix)
Chromeo – Bonafied Lovin (remix Yuksek)
Minitel Rose – Stay
Alan Braxe & Fred Falke – Intro
Clarens –  Trust

 

 

 

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