Rencontre avec Lescop @ Mythos

Deux heures avant son passage sur scène, nous avons rencontré Lescop, le phénomène pop/coldwave qui déferle en France depuis quelque temps. Un univers intimiste et froid, beau et violent, ce sont là les paradoxes que l’on retrouve dans la musique, la personnalité de cet artiste qui en fait sa quintessence. Après avoir chanté avec le groupe Asyl dans les années 90 et  2000,  rebaptisé Mathieu « Lescop » revient au devant de la scène française avec un premier album en collaboration avec le label Pop Noire. Entre ses ritournelles pop aux allures sombres, parfois glaciales, et ses textes imprégnés de ses tourments, Lescop touche en utilisant sa musique et sa voix comme exutoire, à l’image du tube incontesté « La Forêt », qui a remué le public dès les premières notes jouées sur la scène du Jardin Botanique à Mythos.

Teint pâle, joues creusées et regard froid, presque déstabilisant, on sent tout de suite une profondeur, une noirceur qui prend des airs souriants sur scène ainsi que dans sa musique aux rythmes entraînants…

Quel a été votre parcours depuis Asyl, le premier groupe dans lequel vous avez chanté 

Je n’ai pas vraiment de « parcours », le projet de faire une carrière solo était déjà enclenché avant qu’Asyl ne cesse d’exister. C’était d’ailleurs le cas pour tous les membres.

Dans Asyl, vous étiez le chanteur, comment se passe la composition d’un morceau désormais ?

J’écris le texte en premier, c’est toujours la base. Après je travaille sur la musique, en faisant des boucles sur un logiciel. J’essaie de voir comment ça peut s’accorder. Finalement, c’est du bricolage, avec mes propres techniques. Je ne connais pas la « musique » à proprement parler, je suis plus à l’aise dans l’écriture des textes.

Quand on écoute vos morceaux, vos textes, on a l’impression d’écouter une histoire. Il y a quelque chose de très cinématographique dans votre musique…

C’est vrai que le cinéma m’inspire beaucoup, ma musique en est très imprégnée. J’aime beaucoup le grand cinéma romantique à la Visconti, le cinéma italien en général, Schoendoerffer, Louis Malle, Melville… Le cinéma est un des plus beaux arts du monde, c’est très accessible, et très démocratique car ce n’est pas cher, enfin il faut se battre pour que ça le reste. C’ est un entonnoir de pleins d’arts, c ‘est instantané, concis, ça transporte.

On vous rapproche souvent à des fortes personnalités comme Daniel Darc, Etienne Daho, comment prenez-vous ces comparaisons ? 

Je pense avoir la même esthétique que ces mecs là. Je n’ ai pas cherché à leur ressembler, mais il se trouve qu’on a beaucoup de points communs. Daniel était un ami, je connaît un peu Étienne, j’aurai aimé avoir le temps de connaître Ian Curtis. On partage le même amour pour le rock des années 50, et la new-wave bien sur. La new-wave c’est une musique futuriste, je suis un peu comme ça, je vais de l’avant en faisant référence au passé. Ces passions communes, cette même façon d’extérioriser ses émotions, donc forcément ça ressent dans nos musiques à l’ esthétique similaire.

Je tenais à revenir sur la chanson Marlène, hommage poignant à l’ une des  plus grande icône du cinéma, Marlène Dietrich. Qu’ évoque t-elle pour vous ?

Marlène Dietrich incarne un monstre sacré du cinéma, c’est une icône moderne. Je suis fasciné par les gens qui ont une gueule, une gueule qui raconte leur histoire. Jean Cocteau disait « Marlène Dietrich a un nom qui commence par une caresse et s’achève par un coup de cravache« , on ressent tous ça dans sa gueule, ses yeux. C’est ce que j’ai voulu transmettre, Marlène c’est un mélange morbide, à la fois sanguin et violent, mais beau, sensuel.

Quels sont vos coups de cœur dans la programmation de Mythos cette année ? Et vos coups de cœur musicaux cette année ?

Je n’ai pas vraiment regardé la prog, mais je sais qu’il y a La Femme que j’aime beaucoup. Pour mes coups de cœur musicaux, l’ album Adulte de 69, Uncivilized de Frustration et Contamination de Jef Barbara.

Premier album sur ITUNES ici !

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