La Nuit Américaine #3

Direction l’Opéra de Rennes pour la Nuit Américaine #3 dans le cadre du festival Electroni[k], après deux volets réussis, la nuit de 2010 consacrée à Steve Reich et l’an passé à Terry Riley, cette nouvelle édition nous amène à la rencontre de Philip Glass et de John Adams. En bouleversant les codes, toute l’équipe d’Electroni[k] nous propose une programmation toujours plus singulière.L’Orchestre Symphonique de Bretagne, les grands élèves du conservatoire à rayonnement régional de Rennes et un duo détonnant entre la pianiste Vanessa Wagner et Murcof. De quoi mettre en appétit un public hétéroclite, les abonnés de l’OSB, côtoient les spectateurs d’un soir, venus pour une expérience unique. Dès l’après-midi, plus une seule place de disponible, les déçus sont nombreux à l’entrée. Le placement est libre, ce qui signifie « course » à la meilleure place. Une fois installés au centre du premier balcon, nous sommes sans aucun doute aux premières loges pour vivre expérimentation auditive hors du commun. Marc Feldman, le directeur de l’Orchestre nous accueille en personne.

Le bal s’ouvre sur la « Symphonie n°3 pour cordes » de Philip Glass composée en 1995. Une oeuvre pour dix-neuf musiciens, six premiers violons, quatre seconds violons, quatre altos, trois violoncelles et deux contrebasses. Quatre mouvements pour une symphonie, où les musiciens interviennent en tant que soliste. Philip Glass, n’est autre que l’un des compositeurs les plus influents de la fin du XXe siècle, pionnier de la musique minimaliste américaine. Courant contemporain, cette « musique répétitive » est une grande source d’inspiration pour de nombreux musiciens électroniques. Changement de configuration ensuite, pour l’interprétation de la « Symphonie de chambre n°1 pour quintette à cordes » de John Adams , un des autres pontes du courant minimaliste américain, fortement influencé à ses débuts par John Cage et par les précurseurs du minimalisme, Reich, Riley et un certain Philip Glass… Bien installé, on s’imprègne de « Chamber symphony » où percussion et clavier électronique se mêlent aux instruments classiques (flûte, hautbois, clarinette, basson, cor, trompette, trombone, violon, alto, violoncelle et contrebasse). Pascal Cocheril, super-soliste de l’OSB s’illustre une nouvelle fois au violon. L’émotion est à son comble et les applaudissements retentissent pour la prestation des musiciens parfaitement orchestrée par Darrell Ang.

La transition ne se fait pas attendre et les élèves du conservatoire à Rayonnement Régional de Rennes prennent à leur tour les rênes. Juliette Divry, Johan Dargel et Tom Beaudoin, grands élèves du département de musiques actuelles amplifiées revisitent l’oeuvre de Philip Glass. Violoncelle, synthé et ordinateur, le trio propose une relecture électronique de la 3e Symphonie de Glass. Belle découverte pour cette prestation, qui a pourtant connu quelques difficultés au démarrage, de quoi alimenter les querelles des plus hostiles aux musiques électroniques. L’expérimentation nous transporte rapidement et l’émotion est à son comble. Seul regret, c’était un peu court et  on reste sur notre faim !

Enfin, la soirée se clôture sur un tandem des plus détonnant. L’invitée de l’Orchestre de Bretagne n’est autre que Vanessa Wagner, pianiste talentueuse et rennaise d’origine qui officie ce soir aux côtés de Murcof, producteur électronique mexicain. Rencontre entre musique électronique et musique classique dans son expression la plus minimaliste pour un face à face unique. Les deux musiciens exposent leur création commune lors d’un live revisitant les oeuvres de Maurice Ravel, Erik Satie, Arvo Pärt ou encore Adams et Glass. Le binôme avait déjà sévit à la Gaïté Lyrique au mois de juin, entre autre. Si d’entrée de jeu, l’oeuvre de Vanessa Wagner semble seulement se croiser à celle de Murcof, la deuxième partie permet une fusion unique des deux univers.

Pour cet évènement hors normes, la magie a pris dans la magnifique salle de l’Opéra de Rennes. On a qu’une envie : rester encore et encore dans cette antre. Malheureusement, la trilogie de La Nuit Américaine s’achève. Mais connaissant l’imagination et l’exigence des programmateurs d’Electroni[k], aucun doute pour qu’ils réussissent de nouveau à nous surprendre.

Musiciens Orchestre Symphonique de Bretagne. Directeur Musical : Darrell Ang. Violons I : Pascal Cocheril, Anatoli Karaev, Nicolaï Tsygankov, Anita Toussaint, Jocelyne Lemée, Jean-Yves Merven, Marie-Laure Bescond. Violons II : Thomas Presle, Aline Padiou, Laurence Dhoosche, Virginie Thirot. Altos : Cyrile Robert, Emmanuel Foucher, Anne-Marie Carbonnel, Didier Lefebvre, Catherine Babonneau. Violoncelles : Olivier Lacour, Claire Martin-Cocher, Stéphane Genay, Irène Clément. Contrebasses : Frédéric Alcaraz, Camille Mokrani, Manuel Jouen. Flute : Eric Bescond. Hautbois : Laurent Dhoosche, Irving Legros. Clarinettes : Christine Fourrier, Ghislain Roffat. Bassons : Marc Mouginot, Pascal Thirot. Cor : Vianney Prudhomme. Tormpette : Fabien Bollich. Trombone : Stéphane Guiheux. 

Merci à Gwendal Le Flem – Photographe – pour les magnifiques photos
Sa page Facebook – Son site web.

Et merci à mon voisin de Midi-Deux pour les M&M’S un retour bientôt ici 

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