Ordoeuvre – Matmon Jazz

 Mathieu aka Ordoeuvre est double vice-champion du monde de scratch DMC et quatre fois détenteur du titre national. Un sacré palmarès. A côté de cette facette électro, il est à l’origine du projet Matmon Jazz. Mélodie, masse sonore sauvage et brute entremêlée de scratch, de saxophone, de trompette, de piano et de nombreux autres instruments. Le tout accompagné de la voie de Céline Costa. L’an dernier, ils étaient tous les deux sur la scène des Transmusicales. Travaillant et vivant à Rennes, nous avons rencontré ces deux artistes pour en savoir un peu plus sur leur projet.

Mathieu, 30 ans, est originaire de Bayonne mais il est venu s’installer en Bretagne à l’âge de 15 ans, c’est à ce moment qu’il commence à faire de la musique. « J’ai découvert le scratch sur skryrock grâce au Cut Killer Show. J’ai acheté mes premières platines avec mon argent de poche et en 2002 j’ai participé à ma première compétition ». C’était en 2002 à l’Elysée Montmartre, une défaite qui ne l’a pas découragé pour autant « Il faut bien commencer par des échecs. Cela m’a motivé. Le scratch, c’est beaucoup de travail personnel, il faut être autodidacte, chacun a son propre style et se débrouille pour apprendre. A cette époque, je n’avais pas Internet donc le passage par les compétitions était indispensable pour voir ce qui se passait ailleurs ».

Faire des compétitions est une belle carte de visite, permettant alors de valider des acquis. Après un passage éclair par la fac de sport puis de géographie à Rennes, Mathieu décide de se consacrer exclusivement à la musique une fois son premier titre de champion de France en poche en 2004. En 2005, il regagne le championnat de France DMC et en 2007, il devient vice-champion du monde. « Quand on gagne, on part en tournée mondiale mais moi j’étais second derrière dj sheefty. Une fois que tu fais du scratch, il faut bien commencer à faire des soirées, car tu ne peux pas faire 1h30 de scratch sans lasser les gens ». Ordoeuvre s’oriente donc vers la drum and bass, à une époque où il habite à Prague. « J’y ai vécu trois ans. L’usufruit de ces compétitions, je l’ai fait en Europe centrale, en Grèce, au Monténégro et dans les pays slaves ». En 2010, il revient sur Rennes et rencontre Céline.

« Je suis revenu chez mes parents et j’ai rencontré Céline lors d’une soirée chez Signature ». Mais la vraie coïncidence, c’est que Céline aussi faisait de la musique. A 24 ans, Céline altiste (ndlr : qui joue de l’alto) confirmée a dû délaisser son instrument pour des problèmes de tendinite. Passée par l’école de musique, les orchestres et des groupes, elle a toujours chanté. « J’ai arrêté à un moment, car le groupe dans lequel j’étais s’est dissocié, et j’ai beaucoup de mal à faire de la musique avec des gens que je ne connais pas. Au moment où j’ai vraiment décidé d’arrêter j’ai rencontré Mathieu. On s’est tout de suite bien entendu musicalement ».

Pourtant au départ, il n’était pas prévu que Céline chante. Mais un premier morceau « In the Middle » ensemble, leur prouve que cela fonctionne très bien. « Il m’a ensuite jeté sur la scène des Transmusicales ! Deux semaines avant, on est monté ensemble sur scène au club Coatelan à Morlaix pour la tournée des Trans en première partie d’Erik Truffaz ». Ils en restent pourtant là. « J’avais peur de faire quelque chose d’aussi professionnel. J’étais amateur et je voyais bien que pour Mathieu cela faisait parti de sa vie, ce qui met une pression différente ».

Mathieu, lui, est convaincu que son duo avec Céline apporte une vraie valeur ajoutée. «  Je n’ai pas le choix, les gens préfèrent les morceaux avec elle. Et peut-être que bientôt elle chantera pour Jean Jacques Goldman et j’espère qu’elle ne m’aura pas oublié (rires) ». Le projet Matmon Jazz naît alors naturellement et fait son chemin depuis maintenant un an et demi. « Aujourd’hui, le projet est la filiale première de mon entreprise. Même si Ordoeuvre existe toujours pour nourrir cette facette électro, Matmon Jazz, c’est du long terme ».

Issu de la génération jazz / hip-hop, bercé par des musiciens jazz comme Dave Brunbeck, Miles Davis, Herbie Hancock ou encore John Coltrane pendant son enfance, Mathieu est également  féru de la musique de sa génération, de la dance au rapp. « Aujourd’hui, tout cela compose ma culture musicale dont est imbibé mon univers. Me tourner vers le jazz a été un prolongement logique. Je me sens musicien de jazz, j’aime la force de cette musique, son allure et ses rythmes ».
Au stade du développement artistique, Céline et Mathieu essayent de multiplier les collaborations. Un projet de Vidjing avec Damien Stein, auteur du clip de Micronologie est dans les cartons tout comme la sortie d’un second album, le tout en auto-promo. Pour le moment Matmon Jazz n’a pas de label mais a déjà sorti un premier album aujourd’hui épuisé. « A la différence du premier, dans le second, la moitié des morceaux seront avec Céline. Et il y aura sûrement un featuring avec K.Oni de Micronologie. Mais pour le moment ce n’est pas concrétisé ». Matmon Jazz s’est également produit sur scène avec le saxophoniste Guillaume Saint James du sextet Jazzarium. « On l’a rencontré l’année dernière, nous étions allés le voir jouer à l’opéra. De fil en aiguille, on lui a présenté le projet et il s’est joint à nous pour certaines dates. Mais il est très occupé sur des projets connexes. Travailler avec des musiciens de son acabit me passionne ».
Musicalement, le projet brasse du jazz bien sûr mais aussi des styles de musiques très différents comme le hip hop ou le blues. « Lorsque l’on joue, musicalement les gens sont captivés et intéressés mais ils ne savent pas forcément comment fonctionnent les platines, ils appellent ça une performance ».

Les coups de coeur de Mathieu : Les Champs Libres et de Céline : La Cour des Miracles

Prochaines dates :
-15 au 19 mars , zoom festival à Bucarest Roumanie
24 mars, barouf au Mans
-4 avril, festival Cinétic, Nantes
-6 avril , festivannes au bqc, Vannes
27 avril ,1ère partie de  Laurent de wilde à la citrouille. St Brieuc
18 mai , 1ère partie de socalled à Marmande ( lot- et-Garonne)

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