Syd Matters – Tombées de la Nuit

Le groupe Syd Matters a inauguré le premier soir des Tombées de la Nuit mardi dernier. Retour sur un concert plein de poésie et de contrastes, dans un lieu d’exception, l’Opéra de Rennes.
Un concert de pop-folk à l’Opéra de Rennes, l’idée m’enthousiasmait à la base, tant cela semble surprenant. Arrivée dans la salle (pleine), je me rends compte du seul inconvénient du lieu : un concert assis, je n’ai pas l’habitude. Est-ce que l’ambiance ne va pas en pâtir ? Après que le poster géant des Tombées de la nuit soit recouvert de lourds rideaux, le concert commence, à l’heure, il faut le préciser.Le groupe se compose de Jonathan Morali, leader et songwriter, de Rémi Alexandre (guitare, clavier, chant), d’Olivier Marguerit (guitare, clavier, flûte, chant), de Jean-Yves Lozac’h (basse, clavier) et de Clément Carle (batterie, chant). Cela dit, tout le long du concert, ils n’hésiteront pas à échanger leurs instruments, entre le clavier, la flûte traversière, les percussions, les guitares…un joyeux mélange accompagné par 2 choristes et un deuxième batteur-percussionniste.
Leur prestation, comme leurs influences, oscillent entre une folk entraînante, de la pop aérienne et planante, des envolées plus rock, et des petites touches d’électro. Le phrasé du chanteur varie peu, mais sa voix nous emporte, et se rapproche énormément de celle du chanteur de Midlake. Une voix mélancolique, qui émeut, touche et donne toute leur profondeur aux morceaux.

Le groupe est timide, s’excuse de parler peu entre les morceaux, mais au milieu des remerciements de rigueur, Olivier Marguerit nous fait sourire en proposant de remercier sa mère…De l’humour et de l’humilité, on est bien loin de certains rockeurs mégalos.


Un Concert en Crescendo

Les titres s’enchainent pendant une heure trente, sublimés par l’acoustique parfaite de la salle ; de River Sister à Wolfmother, de Hi Life à To All Of You, le son des instruments résonne dans les balcons de l’Opéra, se perd dans la fosse. Je pense que je ne suis pas la seule à avoir envie de me déhancher un peu. Mais voilà, on est assis, alors on dodeline gentiment de la tête…

Le groupe fait des grands écarts entre des morceaux vraiment rock comme Bones, avec guitares endiablées et instru très longue et puissante sur la fin du morceau (qui s’arrêtera brutalement) et un Jonathan Morali seul avec sa guitare, sur le tire-larmes Big Moon.

Globalement, le groupe monte en puissance et en tension tout le long du concert, et les réactions du public vont dans ce sens. De simples applaudissements polis et timides, on passe à des acclamations plus fournies, plus longues, jusqu’à une standing ovation de 2 bonnes minutes, qui donnera lieu à 3 rappels, rien que ça. La communion entre le groupe et le public se fait de plus en plus flagrante, et nous resterons debout pendant presque tout le dernier tiers du concert, gros soulagement de mes pieds qui remuaient fébrilement depuis un bout de temps.

Le nom du groupe vient de l’admiration de Jonathan Morali pour Syd Barrett, membre fondateur de Pink Floyd : « Syd compte ». Même si les styles de ces deux groupes sont très différents, on retrouve un petit côté psychédélique, lorsque les guitares se lâchent, emmenées par une batterie galopante, surtout dans le dernier morceau, où la flûte traversière virevolte au-dessus de ce grondement furieux, qui ne deviendra plus pour finir qu’un murmure, à peine perceptible, dans la salle plongée dans le noir.

Le temps pour Jonathan Morali de nous donner rendez vous le lendemain au cloitre du Thabor pour un concert « différent », et le groupe s’éclipse vite de scène, alors que la salle est de nouveau debout, acclamant cette belle performance. Nous sommes donc ressortis conquis et émus de l’Opéra, qui, on l’espère tous, ouvrira plus souvent ses portes à des musiques plus « modernes » qu’à son habitude.

Si vous avez été à ce concert, ou à celui du Thabor le mercredi, n’hésitez pas à poster vos réactions et commentaires !

L.R.

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